Le génie des cimes
Le Kéa (Nestor notabilis) est le seul perroquet de montagne du monde et l'un des oiseaux les plus intelligents jamais étudiés. Endémique de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, où il vit dans les Alpes néo-zélandaises jusqu'à 2 000 mètres d'altitude, ce psittacidé de 48 cm et 1 kg arbore un plumage vert olive avec des reflets bleus sur les ailes et une fulgurante bande orange sous les ailes — visible uniquement en vol.
Son intelligence équivaut à celle d'un enfant de 4-5 ans et surpasse celle de nombreux mammifères dans certaines tâches cognitives.
Capacités cognitives exceptionnelles
Outils et résolution de problèmes
Des expériences scientifiques ont montré que le kéa peut résoudre des puzzles à plusieurs étapes, utiliser des outils rudimentaires, et même planifier des séquences d'actions pour atteindre une récompense. Il comprend la causalité et peut transférer des apprentissages à de nouvelles situations — des capacités rares hors des grands singes et corvidés.
Probabilité et statistiques
En 2020, une étude publiée dans Nature Communications a démontré que le kéa pouvait comprendre les probabilités statistiques et prendre des décisions en fonction — faisant de lui le premier animal non-humain à démontrer cette capacité après les grands singes.
Jeu social
Le kéa est l'un des rares oiseaux dont le jeu social spontané est documenté. Il joue avec des bâtons, des pierres et des objets trouvés, parfois pendant des heures, sans but alimentaire. Il émet un cri de jeu spécifique qui rend ses congénères "contagieusement joueurs".
Un casse-pied légendaire
Le kéa est tristement célèbre pour ses destructions de voitures et installations humaines dans les zones touristiques. Il arrache les essuie-glaces, dévisse les antennes, déchire les joints de caoutchouc des fenêtres et vole des objets. Son comportement curieux et opportuniste en fait un tour de force d'adaptation aux environnements anthropisés.
Conservation
Classé en danger par l'UICN avec moins de 5 000 individus, il est menacé par les prédateurs introduits (hermines, furets, rats), les empoisonnements et la perte d'habitat. Sa survie dépend de programmes de contrôle des prédateurs comme le Predator Free 2050 de Nouvelle-Zélande.