Le félin le plus commun d'Amérique du Nord
Le Bobcat (Lynx rufus), ou lynx roux, est le félin sauvage le plus abondant et répandu d'Amérique du Nord. On l'estime à plus d'un million d'individus du Canada au Mexique, en passant par les 48 États contigus des États-Unis. Son nom vient de sa queue courte et tronquée ("bobbed tail"), caractéristique des lynx. Malgré sa petite taille (7 à 14 kg), il est un prédateur efficace capable de tuer des proies bien plus grandes que lui.
Son pelage brun-roux moucheté de noir lui assure un camouflage remarquable dans presque tous les habitats. Ses oreilles portent de petits pinceaux de poils, moins longs que ceux du lynx du Canada.
Une adaptabilité exceptionnelle
Tous les habitats
Le bobcat est l'un des félins les plus adaptables du monde. On le trouve dans les forêts de conifères, les déserts, les marécages, les prairies, les montagnes enneigées et même les banlieues suburbaines. Il s'est remarquablement bien adapté à la présence humaine, chassant dans les jardins et parcs périurbains, ce qui lui permet de maintenir des populations denses même dans les zones urbanisées.
Solitaire et territorial
Solitaire et discret, le bobcat marque son territoire (6 à 32 km²) par des griffades sur les arbres et des dépôts de fèces odorants. Il est principalement crépusculaire et nocturne, chassant au lever et coucher du soleil. Ses grandes pattes lui permettent de marcher sur une neige légère.
Alimentation et chasse
Le bobcat est un chasseur opportuniste dont le régime varie selon les saisons : lapins, lapereaux, lièvres sont sa proie principale, complétés par des rongeurs, oiseaux, cervidés (notamment les faons) et même des reptiles. Il est capable de terrasser un cerf adulte de 70 kg en lui sautant sur le dos — remarquable pour un animal de 9 kg.
Statut et cohabitation
Classé préoccupation mineure par l'UICN, le bobcat est la seule espèce de lynx dont la population est stable et abondante. Il est chassé pour sa fourrure dans certains États américains (plusieurs dizaines de milliers par an) sans que cela affecte significativement la population. Sa capacité à vivre en périphérie des zones urbaines en fait un sujet d'études sur l'adaptation des prédateurs aux environnements anthropisés.