Un pionnier de la paléontologie
L'Iguanodon (Iguanodon bernissartensis) occupe une place unique dans l'histoire de la science : il fut l'un des trois premiers dinosaures décrits scientifiquement par Gideon Mantell en 1825, aux côtés du Megalosaurus et du Hylaeosaurus. Son nom signifie "dent d'iguane", ses dents ayant d'abord été confondues avec celles d'un iguane géant. Il a ainsi contribué à la création du concept même de "Dinosauria" par Richard Owen en 1842.
Vivant il y a 126 à 125 millions d'années au Crétacé inférieur, l'iguanodon mesurait 10 mètres de long pour 3 tonnes, peuplant l'Europe, l'Amérique du Nord et peut-être l'Asie.
Anatomie : le pouce mystérieux
L'éperon du pouce
La caractéristique la plus célèbre de l'iguanodon est son pouce transformé en éperon osseux conique. Longtemps placé sur le nez dans les premières reconstructions, cet éperon était en réalité au bout du membre antérieur. Son usage exact reste débattu : défense contre les prédateurs, ouverture de fruits, ou combat intraspécifique.
Locomotion mixte
L'iguanodon pouvait se déplacer à deux ou quatre pattes selon les besoins. Ses membres antérieurs terminaient par trois doigts soudés en sabot permettant de supporter son poids, tandis qu'il se dressait sur ses pattes arrière pour atteindre les feuilles en hauteur.
Alimentation
Herbivore strict, l'iguanodon broutait fougères, cycas et conifères. Ses dents en losange s'articulaient comme des meules pour moudre efficacement la végétation coriace. Ses joues musclées empêchaient la nourriture de tomber pendant la mastication, système retrouvé plus tard chez les hadrosaures.
Découverte de Bernissart
En 1878 dans une mine de charbon de Bernissart (Belgique), 38 squelettes complets d'iguanodon furent découverts — l'une des trouvailles paléontologiques les plus importantes du XIXᵉ siècle. Ces spécimens, aujourd'hui exposés à l'Institut royal des Sciences naturelles de Bruxelles, ont permis de comprendre pour la première fois l'anatomie complète d'un grand dinosaure.
Héritage culturel
L'iguanodon apparaît dans l'encyclopédie de 1853 comme l'une des statues du Crystal Palace Park de Londres, où il est représenté comme un quadrupède massif — une reconstruction aujourd'hui obsolète mais symbolique de l'époque victorienne. Il reste un emblème de l'histoire de la paléontologie.